Grand est le mérite de ces braves gens de supporter une équipe située à mille lieues de chez eux et donc d'être obligés de voyager coûte que coûte pour la soutenir, aussi bien lors de ses déplacements dans l'Hexagone – sauf à l'Ouest, trop loin d'Albertville, le fief de la section – et même en Europe, le cas échéant, qu'au stade Louis-II. Ainsi, tous les quinze jours, pour rejoindre la Principauté, dévorent-ils du bitume à raison de 1200 kilomètres aller-retour, 1200 bornes avalées dans la bonne humeur, soit en véhicule particulier, soit le plus souvent en autocar, avec des compagnons de route recueillis tout au long du trajet, notamment dans la vallée du Rhône, comme à Valence, Montélimar ou Avignon : de quoi inspirer une chanson populaire à Charles Trenet, s'il était encore de ce monde. « Et quand le match a lieu le dimanche soir, confie Michel Delcourt, on arrive chez nous tôt le lendemain matin avant de filer directement au boulot, sans avoir vraiment fermé l'½il. » Ils sont fous, ces Savoyards, fous de l'AS Monaco !
Mais la fatigue est vite oubliée au recensement de beaux et grands souvenirs, comme le titre de l'an 2000 savouré à Saint-Etienne, malgré la défaite, lors de la dernière journée, les voyages à Lens, à Turin ou au Pirée et, bien entendu, les déplacements de la fameuse saison 2003